Chère lectrice, merci de votre commentaire qui m'encourage à continuer ce travail d'écriture et de partage. Je rentre tout juste d'une quinzaine de randonnées en montagne durant laquelle j'ai cessé de vérifier s'il y avait de nouveaux commentaires et je vous prie donc de m'excuser du retard à vous répondre.
Votre question, en m'interrogeant directement sur mes propres accomplissements, renvoie finalement au dilemme crucial qui traverse l'histoire des êtres humains : les messages qui les appellent à retrouver le chemin du bonheur personnel et collectif jalonnent les siècles et les lieux autour du monde, des antiques Védas hindous jusqu'au Message transmis par Michel Potay aujourd'hui, sans oublier les sages et leurs témoignages, mais qu'en ont-ils fait ?
Il n'est pas besoin de discourir ou de démontrer pour constater les drames et les souffrances qui courent comme une peste noire sur tous les continents. Et la cause de ce désastre est finalement simple : ce que nous appelons le mal — il faudrait un article entier pour tenter de l'éclairer — n'a pas été éliminé. C'est lui qui empêche les humains de trouver la voie du bonheur personnel et collectif.
Globalement l'histoire nous montre qu'ils ont tenté de le combattre au dehors, par des structures et des lois, religieuses ou politiques, censées le juguler, mais trop peu d'êtres ont eu le courage de le voir là où il se trouve, c'est-à-dire en nous-mêmes, alimenté par la multitude de nos peurs viscérales et par l'héritage de modes de pensée et de fonctionnement basés sur des comportements archaïques dont Caïn est une illustration symbolique très parlante.
Je parle de courage, parce qu'en effet il faut du courage pour accepter de voir en soi nos tendances mauvaises, nos égoïsmes, nos mensonges, nos faiblesses, quand tout autour de nous nous incite à développer une estime de soi basée sur la réussite sociale, le pouvoir, l'argent, la performance, et j'en passe, qui font parfois appel à ces mêmes déviances. C'est pourquoi je dis toujours qu'il faut se considérer avec bienveillance et sans jugement, mais avec l'exigence de se changer, car vaincre le mal en soi c'est le faire reculer dans le monde et, de proche en proche, plus nous serons nombreux à engager ce chantier majeur, plus nous ouvrirons la voie vers un changement de fond de nos sociétés.
Et commencer à vaincre le mal en soi, c'est aussi trouver la voie de la sérénité et de la joie ! C'est ce que j'ai pu moi-même expérimenter : je suis né dans une famille toxique, avec des parents aimants mais qui portaient chacun un héritage douloureux dont il leur a fallu, comme moi, presque une vie pour le transformer. J'ai été un jeune homme orgueilleux et prétentieux, orgueilleux d'avoir échappé très jeune à cette emprise, prétentieux parce que doué, et il m'a fallu bien des épreuves pour apprendre à gérer mes tourments et à réduire cet ego dominateur qui avait enflé par réaction et protection. Juste un exemple : j'avais une sorte d'amour condescendant à l'égard des personnes qui vivaient la vie de monsieur tout le monde, le salariat, la conformité, etc. parce que je vivais, moi, une vie différente, celle du musicien qui se croyait libre. Je dis condescendant parce que je prétendais les aimer et vouloir leur montrer un chemin de liberté, mais j'ai bien dû un jour me rendre compte que je me pensais supérieur à eux sans vouloir me l'avouer, moi je connaissais la vérité des choses, j'étais sur un vrai chemin !
Puis la vie m'a envoyé travailler en entreprise, quand le métier d'artiste a décliné. Je suis devenu informaticien, brillant, recherché, mais contraint par les nécessités du marché à me frotter à un monde que je ne connaissais pas. Là j'ai compris la difficulté à résister à la pente qui mène loin de soi, et j'ai commencé à apprendre à aimer. Accepter de me confronter à mes propres ombres plutôt que de prétendre être au-dessus est devenu, dès lors, une discipline de chaque jour — bien différente de ce que j'avais connu quand j'essayais moi aussi de lutter contre le mal en propageant des idées sans doute lumineuses, mais sans descendre au-delà des premières couches de mon être réel. Et peu à peu, j'ai appris à m'aimer moi-même, d'un amour exigeant mais tellement plus réel que celui que je pensais m'accorder avant. Puis je suis devenu thérapeute, avec la légitimité de celui qui aide les autres à traverser les séismes de la vie qu'il a lui-même traversés.
Voilà un exemple en confidence pour répondre à votre question sur comment j'incarne ce que je tente d'exprimer dans ces Dialogues.
Aujourd'hui, je sais avec certitude combien nous sommes chacun un mélange complexe de lumières et d'ombres, je sais combien nous sommes, derrière nos masques et nos prétentions, des êtres maladroits et fragiles, chargés d'une tare lourde issue des générations passées. Et je pleure parfois sur les malheurs des hommes qui ont fait de la merveille de la Vie le drame collectif que nous traversons tous et qui finit dans la mort, comme la signature finale de ce que nous, race de Caïn, avons inventé. Mais j'ai appris en l'appliquant à moi-même qu'il y a un chemin pour sortir de la nuit du monde et qu'il s'ouvre au moment où chacun, à sa manière, entreprend d'affronter la nuit qu'il porte en lui-même et d'avancer vers le jour de son accomplissement spirituel.
J'ai tenté, sans doute maladroitement, de tracer un chemin de progrès spirituel à travers ma série d'articles intitulée Vers la souveraineté spirituelle https://www.jnd.one/p/vers-la-souverainete-spirituelle-presentation que je vous invite à lire ou relire si vous le souhaitez ; vos remarques et vos questions y trouveront toujours un accueil.
Merci pour cet essai qui tente de décrire ce que tu vis dans ta retraite spirituelle à Arès, et qui a certains points communs avec ce que j'y vis. Il est difficile pour l'humain d'envisager ce qu'il ne conceptualise pas, qui n'est au mieux qu'une intuition ou un ressenti qui traverse la conscience. Il est donc difficile d'en parler, et merci de faire cet essai pour tes lecteurs.
Pour le chercheur spirituel face à un message nouveau ou ancien, il n'a lui aussi qu'une intuition vague pour décider ou non de creuser le sujet. A ce stade, "croire ou ne pas croire" exprime peut-être moins l'enjeu que "chercher vraiment ou ne pas chercher" - recherche que tu continues de faire.
Tu écris en en-tête : "à Arès, seul le faire — l'expérience vécue — permet de juger ce qui dépasse la raison". C'est vrai me semble-t-il bien au-delà d'Arès, pour toute recherche spirituelle, dans ou hors d'un dogme, dans ou hors d'une idéologie, dans ou hors d'une foi, il y a 3000 ans ou aujourd'hui... Mais je comprends bien sûr ce que tu veux dire par là : c'est l'expression de ton vécu spirituel très intime, et je le partage en profondeur à propos du message et du pèlerinage d'Arès.
Bien évidemment, ce texte inspiré par ma confrontation avec le Message d'Arès et le lieu des évènements est l'occasion de traiter un sujet qui pourrait bien être plus large : la nécessité de s'ouvrir largement à l'expérience de la vie sans que celle-ci ait à se conformer au préalable à notre carte mentale.
Ta reformulation entre chercher et ne pas chercher mérite qu'on s'y arrête, car elle vient, me semble-t-il, s'articuler avant le moment que je décris dans l'article plutôt que le remplacer : le chercheur spirituel doit d'abord consentir à chercher vraiment, à laisser une intuition encore vague le travailler assez pour qu'il se mette en marche — et ce n'est qu'ensuite, une fois engagé dans cette recherche, que le critère du faire, de l'expérience vécue, vient trancher ce que le seul jugement mental ne pouvait démêler.
Quant à la portée de la formule au-delà d'Arès, je rappelais qu'aujourd'hui, pour les traditions portées par des générations de croyants et déjà décantées par l'histoire collective, la seule force de cette conviction transmise peut suffire à emporter l'adhésion. J'aurais en effet pu souligner, comme je crois l'avoir fait dans d'autres textes, que la valeur de l'expérience d'un chercheur dans ces traditions est qu'elle peut réactiver des éléments que l'usure du temps et des habitudes religieuses ont pu rendre peu visibles. Pour un évènement récent, dont la communauté reste infime et non validée par le poids de l'histoire, comme c'est le cas à Arès, seule l'expérience vécue peut fournir les éléments d'un jugement qui ne soit pas simplement hérité de réflexes culturels.
Cela peut s'appliquer, plus largement, à de nombreuses situations : celui qui vit en permanence avec des projections de son futur, élaborées à partir de sa représentation du monde et de lui-même, risque de passer à côté de bien des enseignements que le quotidien des jours lui réserve et d'être incapable d'entendre et de rencontrer son prochain. D'où la nécessité cruciale d'avoir une direction de vie, d'affiner son intuition pour se tourner avec constance vers l'horizon où l'aube s'allume, tout en restant prêt à emprunter des chemins de traverse.
C'est pourquoi je reste avant tout un nomade spirituel, quelqu'un qui dialogue avec les textes et le monde sans affiliation affirmée ni constante, surtout quand celle-ci impliquerait, comme c'est malheureusement presque toujours le cas aujourd'hui, de se soumettre à la loi du nombre plutôt qu'à celle de la vérité cherchée.
Merci pour le partage de cette révélation et des questionnements qu'elle soulève.
Cela m'amene d'ailleurs à cette question : comment l'incarnez vous au quotidien ?
Chère lectrice, merci de votre commentaire qui m'encourage à continuer ce travail d'écriture et de partage. Je rentre tout juste d'une quinzaine de randonnées en montagne durant laquelle j'ai cessé de vérifier s'il y avait de nouveaux commentaires et je vous prie donc de m'excuser du retard à vous répondre.
Votre question, en m'interrogeant directement sur mes propres accomplissements, renvoie finalement au dilemme crucial qui traverse l'histoire des êtres humains : les messages qui les appellent à retrouver le chemin du bonheur personnel et collectif jalonnent les siècles et les lieux autour du monde, des antiques Védas hindous jusqu'au Message transmis par Michel Potay aujourd'hui, sans oublier les sages et leurs témoignages, mais qu'en ont-ils fait ?
Il n'est pas besoin de discourir ou de démontrer pour constater les drames et les souffrances qui courent comme une peste noire sur tous les continents. Et la cause de ce désastre est finalement simple : ce que nous appelons le mal — il faudrait un article entier pour tenter de l'éclairer — n'a pas été éliminé. C'est lui qui empêche les humains de trouver la voie du bonheur personnel et collectif.
Globalement l'histoire nous montre qu'ils ont tenté de le combattre au dehors, par des structures et des lois, religieuses ou politiques, censées le juguler, mais trop peu d'êtres ont eu le courage de le voir là où il se trouve, c'est-à-dire en nous-mêmes, alimenté par la multitude de nos peurs viscérales et par l'héritage de modes de pensée et de fonctionnement basés sur des comportements archaïques dont Caïn est une illustration symbolique très parlante.
Je parle de courage, parce qu'en effet il faut du courage pour accepter de voir en soi nos tendances mauvaises, nos égoïsmes, nos mensonges, nos faiblesses, quand tout autour de nous nous incite à développer une estime de soi basée sur la réussite sociale, le pouvoir, l'argent, la performance, et j'en passe, qui font parfois appel à ces mêmes déviances. C'est pourquoi je dis toujours qu'il faut se considérer avec bienveillance et sans jugement, mais avec l'exigence de se changer, car vaincre le mal en soi c'est le faire reculer dans le monde et, de proche en proche, plus nous serons nombreux à engager ce chantier majeur, plus nous ouvrirons la voie vers un changement de fond de nos sociétés.
Et commencer à vaincre le mal en soi, c'est aussi trouver la voie de la sérénité et de la joie ! C'est ce que j'ai pu moi-même expérimenter : je suis né dans une famille toxique, avec des parents aimants mais qui portaient chacun un héritage douloureux dont il leur a fallu, comme moi, presque une vie pour le transformer. J'ai été un jeune homme orgueilleux et prétentieux, orgueilleux d'avoir échappé très jeune à cette emprise, prétentieux parce que doué, et il m'a fallu bien des épreuves pour apprendre à gérer mes tourments et à réduire cet ego dominateur qui avait enflé par réaction et protection. Juste un exemple : j'avais une sorte d'amour condescendant à l'égard des personnes qui vivaient la vie de monsieur tout le monde, le salariat, la conformité, etc. parce que je vivais, moi, une vie différente, celle du musicien qui se croyait libre. Je dis condescendant parce que je prétendais les aimer et vouloir leur montrer un chemin de liberté, mais j'ai bien dû un jour me rendre compte que je me pensais supérieur à eux sans vouloir me l'avouer, moi je connaissais la vérité des choses, j'étais sur un vrai chemin !
Puis la vie m'a envoyé travailler en entreprise, quand le métier d'artiste a décliné. Je suis devenu informaticien, brillant, recherché, mais contraint par les nécessités du marché à me frotter à un monde que je ne connaissais pas. Là j'ai compris la difficulté à résister à la pente qui mène loin de soi, et j'ai commencé à apprendre à aimer. Accepter de me confronter à mes propres ombres plutôt que de prétendre être au-dessus est devenu, dès lors, une discipline de chaque jour — bien différente de ce que j'avais connu quand j'essayais moi aussi de lutter contre le mal en propageant des idées sans doute lumineuses, mais sans descendre au-delà des premières couches de mon être réel. Et peu à peu, j'ai appris à m'aimer moi-même, d'un amour exigeant mais tellement plus réel que celui que je pensais m'accorder avant. Puis je suis devenu thérapeute, avec la légitimité de celui qui aide les autres à traverser les séismes de la vie qu'il a lui-même traversés.
Voilà un exemple en confidence pour répondre à votre question sur comment j'incarne ce que je tente d'exprimer dans ces Dialogues.
Aujourd'hui, je sais avec certitude combien nous sommes chacun un mélange complexe de lumières et d'ombres, je sais combien nous sommes, derrière nos masques et nos prétentions, des êtres maladroits et fragiles, chargés d'une tare lourde issue des générations passées. Et je pleure parfois sur les malheurs des hommes qui ont fait de la merveille de la Vie le drame collectif que nous traversons tous et qui finit dans la mort, comme la signature finale de ce que nous, race de Caïn, avons inventé. Mais j'ai appris en l'appliquant à moi-même qu'il y a un chemin pour sortir de la nuit du monde et qu'il s'ouvre au moment où chacun, à sa manière, entreprend d'affronter la nuit qu'il porte en lui-même et d'avancer vers le jour de son accomplissement spirituel.
J'ai tenté, sans doute maladroitement, de tracer un chemin de progrès spirituel à travers ma série d'articles intitulée Vers la souveraineté spirituelle https://www.jnd.one/p/vers-la-souverainete-spirituelle-presentation que je vous invite à lire ou relire si vous le souhaitez ; vos remarques et vos questions y trouveront toujours un accueil.
Merci pour cet essai qui tente de décrire ce que tu vis dans ta retraite spirituelle à Arès, et qui a certains points communs avec ce que j'y vis. Il est difficile pour l'humain d'envisager ce qu'il ne conceptualise pas, qui n'est au mieux qu'une intuition ou un ressenti qui traverse la conscience. Il est donc difficile d'en parler, et merci de faire cet essai pour tes lecteurs.
Pour le chercheur spirituel face à un message nouveau ou ancien, il n'a lui aussi qu'une intuition vague pour décider ou non de creuser le sujet. A ce stade, "croire ou ne pas croire" exprime peut-être moins l'enjeu que "chercher vraiment ou ne pas chercher" - recherche que tu continues de faire.
Tu écris en en-tête : "à Arès, seul le faire — l'expérience vécue — permet de juger ce qui dépasse la raison". C'est vrai me semble-t-il bien au-delà d'Arès, pour toute recherche spirituelle, dans ou hors d'un dogme, dans ou hors d'une idéologie, dans ou hors d'une foi, il y a 3000 ans ou aujourd'hui... Mais je comprends bien sûr ce que tu veux dire par là : c'est l'expression de ton vécu spirituel très intime, et je le partage en profondeur à propos du message et du pèlerinage d'Arès.
Bien évidemment, ce texte inspiré par ma confrontation avec le Message d'Arès et le lieu des évènements est l'occasion de traiter un sujet qui pourrait bien être plus large : la nécessité de s'ouvrir largement à l'expérience de la vie sans que celle-ci ait à se conformer au préalable à notre carte mentale.
Ta reformulation entre chercher et ne pas chercher mérite qu'on s'y arrête, car elle vient, me semble-t-il, s'articuler avant le moment que je décris dans l'article plutôt que le remplacer : le chercheur spirituel doit d'abord consentir à chercher vraiment, à laisser une intuition encore vague le travailler assez pour qu'il se mette en marche — et ce n'est qu'ensuite, une fois engagé dans cette recherche, que le critère du faire, de l'expérience vécue, vient trancher ce que le seul jugement mental ne pouvait démêler.
Quant à la portée de la formule au-delà d'Arès, je rappelais qu'aujourd'hui, pour les traditions portées par des générations de croyants et déjà décantées par l'histoire collective, la seule force de cette conviction transmise peut suffire à emporter l'adhésion. J'aurais en effet pu souligner, comme je crois l'avoir fait dans d'autres textes, que la valeur de l'expérience d'un chercheur dans ces traditions est qu'elle peut réactiver des éléments que l'usure du temps et des habitudes religieuses ont pu rendre peu visibles. Pour un évènement récent, dont la communauté reste infime et non validée par le poids de l'histoire, comme c'est le cas à Arès, seule l'expérience vécue peut fournir les éléments d'un jugement qui ne soit pas simplement hérité de réflexes culturels.
Cela peut s'appliquer, plus largement, à de nombreuses situations : celui qui vit en permanence avec des projections de son futur, élaborées à partir de sa représentation du monde et de lui-même, risque de passer à côté de bien des enseignements que le quotidien des jours lui réserve et d'être incapable d'entendre et de rencontrer son prochain. D'où la nécessité cruciale d'avoir une direction de vie, d'affiner son intuition pour se tourner avec constance vers l'horizon où l'aube s'allume, tout en restant prêt à emprunter des chemins de traverse.
C'est pourquoi je reste avant tout un nomade spirituel, quelqu'un qui dialogue avec les textes et le monde sans affiliation affirmée ni constante, surtout quand celle-ci impliquerait, comme c'est malheureusement presque toujours le cas aujourd'hui, de se soumettre à la loi du nombre plutôt qu'à celle de la vérité cherchée.