Discussion à propos de ce post

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Merci Jérôme pour ce texte, riche et stimulant. Il m’inspire plusieurs déplacements de regard que je soumets à la discussion.

On parle souvent de l’« échec des grands récits modernes ». Mais n’est-ce pas plutôt l’échec plus ancien de cultures dogmatiques qui ont voulu imposer le divin au lieu de le laisser rayonner ? La modernité n’a peut-être pas tant détruit le sacré qu’elle n’a refusé certaines formes d’autorité spirituelle devenues coercitives.

Sur la distinction entre individu et personne, je m’interroge également. Chez Berdiaev, la personne est opposée à l’individu. Mais étymologiquement, l’individu (individuum) est ce qui est insécable, tandis que la personne (persona) est le masque, la figure incarnée. N’y a-t-il pas là une inversion conceptuelle qui mérite d’être explicitée pour éviter toute confusion ?

De même, lorsqu’on évoque une tension entre l’humain et la transcendance, ne risque-t-on pas une légère inflation anthropologique ? Cette tension ne serait-elle pas plus justement située entre la personne incarnée et l’individualité de l’esprit, entre l’avatar et son origine, plutôt qu’entre l’humain et un transcendant posé comme vis-à-vis ?

Dans le même esprit, présenter l’humain comme agent de « transfiguration du monde » n’est-ce pas reconduire une forme d’orgueil discret ? Peut-être l’enjeu n’est-il pas de transformer le monde, mais de s’accorder ou non à une œuvre déjà en cours.

Enfin, une distinction me semble essentielle : celle entre l’essence divine et la substance de ses manifestations. Dire que tout procède de l’essence ne signifie pas que toute forme la contienne pleinement. Sans cette distinction, on court le risque d’abolir toute hiérarchie de justesse et toute responsabilité.

Au plaisir de poursuivre cet échange.

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